Objectif Mars pour Viking

Publié le par Betty Faivre

Objectif Mars pour Viking

20 août 1975. La sonde Viking 1 s'envole de Cap Canaveral pour la planète rouge. Ce sera le premier grand succès après une vingtaine de fiascos américains et soviétiques.

Alors que la Lune s'est laissé conquérir sans trop renâcler, la planète Mars s'est toujours montrée beaucoup plus farouche. Entamées par les Soviétiques, bientôt suivis par les Américains, les premières tentatives d'approche remontent à 1960, et vingt et un des vingt-cinq premiers lancements ont totalement échoué pour de multiples raisons : explosions des fusées, pertes de télécommunications, pannes de panneaux solaires, problèmes à la descente, crashes en arrivant au sol, etc. A chaque fois, des milliards de roubles ou de dollars partis en fumée mais après chaque échec, la volonté de persévérer pour conquérir enfin cette planète si proche et si mystérieuse à la fois.


De tout temps, Mars a fait rêver les hommes et a excité leur imagination. Elle était censée ressembler à la Terre, les astronomes pensaient y avoir observé des canaux, et, nourris par les romans de science-fiction qui faisaient florès au milieu du siècle dernier, nombreux étaient ceux qui étaient convaincus d'y trouver des petits hommes verts. Aucun télescope n'étant évidemment en mesure de confirmer ces présomptions il fallait aller voir de plus près. Une demi-douzaine de tentatives de survol ont raté avant que Mariner 4 envoie les toutes premières photos, prises à près de 10.000 km de distance. Seulement 22 images, une maigre moisson et une grosse déception pour ceux qui espéraient encore contempler des mers et des forêts : on n'y voyait que quelques cratères.

Néanmoins, Mariner n'avait survolé qu'une zone limitée de la planète et rien n'interdisait de penser que les paysages pouvaient être radicalement différents ailleurs. A l'époque les scientifiques ne croyaient évidemment plus depuis longtemps à l'existence de Martiens mais estimaient possible la présence de lichens et de petits organismes vivants à la surface du sol.


Six ans de bons et loyaux services

 

Il fallait donc s'y poser, ce qu'entreprirent plusieurs programmes dès le début des années 70. Avec, là aussi, de retentissants échecs à la clé. Le plus cocasse étant celui de la sonde russe Kosmos 419 qui n'est pas allée très loin puisque le moteur du troisième étage de la fusée ne s'est jamais allumé. Explication : un technicien avait programmé sa mise à feu après... 1,5 année de vol au lieu de 1,5 heure. Kosmos 419 n'a jamais pris la route de Mars mais l'homme en question a peut-être pris le chemin du goulag !

Le premier très grand succès est finalement à mettre à l'actif de la Nasa qui a réussi un coup de maître en lançant Viking 1, le 20 août 1975, suivi une quinzaine de jours après par Viking 2. Au terme de onze mois de voyage, les deux sondes ont atteint leur cible et se sont acquittés de leurs missions au-delà des espérances. Viking 1, dont c'est aujourd'hui l'anniversaire du lancement, se composait comme son alter-ego de deux engins : un orbiteur qui s'est satellisé autour de la planète pour en livrer des images haute résolution prises à seulement 300 km d'altitude, et un module d'atterrissage (amarsissage ?) baptisé Lander qui s'est posé en douceur, pour photographier le panorama et analyser le sol.


Viking 1 devait fonctionner trois mois ; il a travaillé pendant six ans !

A eux seuls, les deux orbiteurs ont acquis plus de 51.000 images, tandis que les Lander ont permis d'avoir une idée précise de la nature du terrain.

Début 1975 les spécialistes considéraient que Mars était une planète sans grand relief avec des sommets n'excédant pas 3.000 m. On sait maintenant qu'elle est hérissée de dunes, de montagnes et de gigantesques volcans dont le plus grand, Olympus Mons, culmine à 27.000 m !

Viking 1 a ouvert la voie. Après lui des Rovers ont roulé sur la planète rouge. Des hommes suivront forcément un jour. Mais ce n'est pas demain la veille !

Bernard MOULIN

Publié dans Histoire et histoires

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