Pompei

Publié le par Betty Faivre

Les derniers jours de Pompéi


En 79 après Jésus-Christ, un déluge de feu et de cendres
s'est abattu sur Pompéi et sa voisine Herculanum.


Nuit du 23 au 24 août 79 : le Vésuve se réveille. Il va faire 30.000 morts en quelques heures.

Depuis 3.500 ans la petite montagne observait un calme olympien. A ses pieds, les habitants l'appréciaient à double titre : dominant la baie de Naples, elle concourait à la majesté du décor ; et, de mémoire d'homme, ses pentes fertiles avaient toujours donné d'abondantes récoltes. Elles étaient même plantées de vignes qui fournissaient un excellent vin. La mer, le soleil, une terre féconde : c'était un bonheur de vivre dans les parages de cette colline paisible. Au point que de nombreux Romains aisés avaient choisi de s'y installer ou de venir s'y reposer. Personne ne soupçonnait même que le Vésuve puisse être un volcan !

C'était au tout début de notre ère, en un temps où l'on ne savait quasiment rien du volcanisme. Dans le cas contraire, le violent tremblement de terre qui avait secoué la région en l'an 62, sous le règne de Néron, aurait peut-être mis la puce à l'oreille. Là, on se contenta d'enterrer les morts, de constater les dégâts et de rebâtir ce qui avait été détruit. Comme toujours, le séisme connut quelques répliques de moins en moins fortes puis tout s'apaisa.

L'été 79 s'annonçait sous les meilleurs auspices. Vespasien, qui avait succédé à Néron, venait de mourir laissant la place à un Titus jurant d'être un empereur éclairé après des excès de jeunesse qui n'avaient rien annoncé de bon. A Pompéi, où la reconstruction s'achevait, la ville n'avait jamais été aussi belle. Sur le coteau, la vendange serait bonne et les amphores se rempliraient de l'abondant jus de la vigne.

Cette année-là, il n'y eut pas de vendange !

Sous 6 m de cendres

Le 23 août, le sol enregistra des secousses que nos scientifiques interprèteraient sans doute, mais qui n'affolèrent personne. C'était le signe annonciateur d'un désastre. Quelques heures après, le bouchon du Vésuve sautait tel le couvercle d'une cocotte-minute laissée trop longtemps sous pression. De Pompéi, on vit soudain s'élever une gigantesque colonne de cendres et de gaz jusqu'à 20 km d'altitude. Une scène titanesque que les habitants ébahis observèrent d'abord comme un spectacle grandiose. Ceux d'Herculanum, de l'autre côté du volcan ne virent pas les choses de la même façon. Sur ce versant-là, le Vésuve déversait des laves et des boues qui eurent tôt fait de tout ravager.

L'agonie de Pompéi fut un peu plus lente. Dans un ciel progressivement assombri, une fine pluie de lapilli (particules ténues de roches volcaniques) commença à napper les toits et les rues, couvrant de poussière tous ceux, très nombreux, qui étaient sortis pour observer le phénomène. D'autres, pressentant le danger, avaient préféré se réfugier dans les caves. Tous allaient périr.

Bientôt ce ne fut plus une bruine, mais un déluge de cendre et de pierre ponce qui s'abattit sur la ville jusqu'à l'ensevelir totalement sous 6 mètres de projections. A Herculanum, la couche de boues atteignait 16 mètres ! En quelques heures, la montagne explosive avait fait 30.000 morts.

Au fil des années, la mémoire des hommes oublia les deux cités martyres sur lesquelles des ouvriers tombèrent par hasard à la faveur de travaux en 1763, soit 17 siècles plus tard. Une partie du site fut dégagée et l'on s'aperçut que les corps des victimes ensevelies sous les cendres chaudes avaient fait place à des cavités épousant parfaitement leur forme. Il a suffi d'y couler du plâtre liquide pour les voir réapparaître dans l'attitude de protection ou d'effroi qu'ils avaient adoptée au moment où la mort les avait saisi.

Le bilan de l'éruption du Vésuve en 79 après Jésus-Christ est exactement comparable à celui qu'a fait, en 1902, la Montagne Pelée en Martinique. Pourtant, c'est plutôt Pompéi qu'a retenu l'Histoire. Il est vrai que, grâce à la couche de cendres qui l'a préservée pendant plus d'un millénaire et demi, l'une des plus belles villes de l'Antiquité a resurgi presque intacte avec ses rues et ses places, son théâtre et ses temples, ses fresques et ses mosaïques. Dans le four du boulanger Pistore, on a retrouvé 81 pains (un peu trop cuits) et l'on a même découvert, gravés sur le mur du lupanar, les noms de ses deux derniers tenanciers. Ils s'appelaient Africanus et Victor (mais il y a prescription). La catastrophe est aussi restée célèbre par le récit qu'en a fait Pline le Jeune, qui a tout suivi depuis Misène, de l'autre côté du golfe de Naples. Dans une lettre à Tacite, il fait une sorte de reportage de cette apocalypse dans laquelle a péri son oncle, le fameux savant Pline l'Ancien.

Bernard MOULIN

 

 

Publié dans Histoire et histoires

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