Guy Môquet

Publié le par Betty Faivre

Qui était Guy Môquet ?
 
Communistes ! pas Français !
C’est ce que disait cet officier nazi devant les corps sans vie des fusillés.
Communistes ! mauvais Français !
C’est ce que voudraient faire croire tous ceux qui prétendent que les communistes n’auraient combattu les nazis qu’après le 22 Juin 1941 date de l’attaque de Hitler contre l’URSS.
Qu’on en juge en lisant l’histoire de Guy Môquet et des fusillés de Chateaubriant.
 
Guy Môquet et ses camarades furent pour la plupart arrêtés en 1940 par la police Française et livrés pieds et poings liés aux occupants Hitlériens.
 
Guy Môquet était le fils du député communiste du XVIIIe arrondissement de Paris Prosper Môquet. Le parti communiste ayant été dissout par Édouard Daladier en septembre 1939, Prosper Môquet est arrêté le 10 octobre 1939, déchu de son mandat de député en février 1940 et plus tard déporté dans un bagne en Algérie. Le frère de Prosper, Henri était concierge au siège du parti communiste. À la fin de l'été 1940, il est intégré dans le dispositif clandestin du parti communiste.
 
Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Après l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des papillons dans son quartier dénonçant le nouveau gouvernement et demandant la libération des internés. Il est arrêté le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchaient les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père.
Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes parmi lesquels Charles Michels député du XVème et Jean Pierre Timbaud Secrétaire des métallos CGT parisiens.



Le 22 octobre 1941, Guy Môquet était fusillé, avec vingt-six de ses camarades, au camp de Châteaubriant, une petite ville à quelques kilomètres de Nantes. Il avait dix-sept ans. Pierre Pucheu, ministre de Pétain et homme du comité des Forges et de la banque Worms, avait mis sa " patte " en sélectionnant ces vingt-sept otages, des militants pour la plupart communistes et fusillés en représailles après qu’un officier allemand eut été tué.

Avant d'être fusillé, Guy Môquet écrit à ses parents cette dernière lettre :
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino . Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels. (Jean Pierre Timbaud et Charles Michels)
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime

Dernières pensées inscrites sur les planches du baraquement de Châteaubriand : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
 
Suite à ces exécutions des débrayages et des manifestations se produisirent le 31 Octobre 1941 en pleine occupation hitlérienne, des arrêts de travail avaient eu lieu aux usines Chausson, Genève, Ducellier, Compteurs de Montrouge, Samson, SOMUA., Gnome et Rhône, Alsthom, les ouvriers des ouvriers des usines M.L.T, Farman, S.N.A.C., Willème avaient envoyé des télégrammes de protestation à de Brinon et à von Stulpnagel.

En hommage, une rue et une station du métro parisien portent son nom depuis 1946.
De nombreux autres équipements municipaux ou rues à travers la France sont baptisées du nom de Guy Môquet.
Châteaubriant lui a dédié un lycée.
Louis Aragon lui a dédié, avec trois autres résistants (Gabriel Péri, Honoré d'Estienne d'Orves et Gilbert Dru, soit deux chrétiens et deux communistes), son poème "La rose et le réséda", qui contient les célèbres vers : "Celui qui croyait au Ciel / Celui qui n'y croyait pas".
En 2004 le réalisateur, Philippe Costantini, réalisait un reportage « RÉSISTANTS DE LA PREMIÈRE HEURE »dans lequel il était question de titi des Épinettes(surnom de Guy Môquet ) diffusé une fois sur Antenne 2 à 22h55 !!!! Ce reportage mériterait probablement une rediffusion à une heure de grande écoute.

 
Merci Bernard pour ce bel article!

Publié dans Les gens

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